Lundi 7 novembre 2011
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De toutes les formes géométriques le cercle est la forme la plus parfaite. En ce matin d’octobre 2… le corps de Laure A.V fit un
mouvement giratoire, après avoir glissé de son pied droit sur un objet visqueux qui pouvait être aussi bien un morceau de méduse venue s’échouer à deux cent kilomètres de la côte ou encore un sac
poubelle remplie de gélatine alimentaire.
Dans la pénombre du café de la Gare, l’homme tournait le dos au quai n°1 en buvant un café. Il semblait chercher dans la
contemplation de la machine à café un moyen de passer le temps en attendant un train qu’il ne prendrait pas. Il avait juste ses habitudes dans ce lieu, pas loin de son travail.
Par monsieur Paul
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Publié dans : Monsieur Raoul
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Lundi 18 janvier 2010
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Nous venons d'apprendre la venue de Monsieur Bertrand Lemoine à Paris. Il compte passer une semaine dans notre capitale avant de rentrer chez lui avec son épouse décédée. Selon nos informations il
devrait normalement passer une bonne partie de ses journées avac son épouse dans un ou plusieurs cafés. Lesquels ? pour l'instant, nous n'en savons rien.
Par monsieur Paul
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Publié dans : Monsieur Paul
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Vendredi 10 avril 2009
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23:14
Plus personne pour dire :
- Garçon ! Un demi !
Le garçon n'est plus, il est allé méditer sur sa bétise dans un autre monde et le client n'est plus là pour héler cet être informe. Les serveurs ont pris le relais, l'expression commune est
désormais "s'il vous plait" pour appeler le serveur. Plus de garçons, plus d'ivrognes aux comptoirs, plus de monsieurs en salle, plus d'auvergnats, les chinois ont pris le relais, bon, et alors ?
Par monsieur Paul
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Jeudi 23 octobre 2008
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10:00
Pendant plus de trente ans Paul, garçon de café au Balto, porte d'Orléans, servit de pauvres bougres qui voyaient leur vie partir chaque jour un peu plus en eau de boudin. On ne comptait
plus les employés de bureau vieillis avant l'âge, les secrétaires décrépies, les attachés en tout genre, de direction entre autres, les bons à tout faire, les bons à rien aussi qui entraient tous
les jours dans le troquet .... Paul, impassible, son plateau à la main, servait et débarrassait les tables sans jamais se plaindre auprés de qui que ce soit. Il ne parlait pas, il écoutait juste
les commandes des clients. On ne lui connaissait aucune passion, pas même les courses, aucun vice excepté toutefois qu'il était - comme se doit de l'être un garçon de café normal - alcoolique.
Mais un jour, un matin plus précisement, une femme formidable, vint le voir et lui dit :
- Je suis éditrice chez Golimar, et je suis à la recherche de nouveaux talents pour notre collection Témoignage d'aujourd'hui. J'aimerais que vous me racontiez votre vie.
Bien entendu Paul ne comprit pas très bien la requête de la dame, et pensant qu'elle lui faisait des avances il lui dit:
- Je termine à six heures, j'habite pas loin.
Par monsieur Paul
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Mardi 19 août 2008
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20:58
Bien entendu la partie était jouée d'avance. Le garçon s'avança vers la table où avait pris position une nouvelle cliente et lui demanda d'avance
si elle avait les moyens d'avancer. "Bien entendu ! " répondit-elle en reculant sa chaise. "Et pourtant madame, vous reculez !" constata le garçon de café. "Certes, mais je sais où vous voulez
aller" lança t-elle en avançant sa langue sur ses lèvres d'un geste fort provocateur. Et quand ils allérent à la réserve, au sous sol, d'avance ils se doutérent que plus rien ne serait comme
avant. Car d'une manière ou d'une autre ils étaient allés l'un vers l'autre, franchissant les barrières sociales - elle était directrice des ressources humaines chez PPR - et quant elle lui
tendit la main il avança que ses manières étaient démodées et le lui mit dans la bouche pour aller plus vite.
Par monsieur Paul
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Publié dans : Monsieur Paul
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Dimanche 16 mars 2008
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12:37
- Dans la ville de Rien, dans le Bas-Rhin, les élections de cette commune de 300 habitants n'étaient d'aucun intérêt et pour cause, il n'y avait
qu'un seul candidat. Ce dernier était sûr de gagner au premier tour les deux cent voix en contrepartie de quoi, amitié rurale oblige, chaque électeur lui offrait un verre soit deux
cent verres pour l'heureux élu, à avaler obligatoirement le soir même au café de Flore, unique bar du village, pour fêter cette victoire incontestable de la démocratie. La tradition
voulait donc que ce soit le plus poivrot du village qui se présente au poste de maire afin de passer l'épreuve du premier tour qui en avait vu plus d'un mourir avant que minuit sonne au clocher
de l'église.
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- Alors tu bois quoi ? demanda un des habitants en se penchant et en serrant la main du nouveau maire qui gisait par terre depuis un moment.
-
- Bein, un kir répondit le nouveau maire suite à quoi il s'enfila dans le gosier son quatre-vingt quinzième kir de la soirée en plus des 42 ricard bien servi, 31 demis, 2 gin
fizz, 19 verres de rouge et 6 suze-cassis. Il ne lui restait plus qu'à trinquer avec cinq autres villageois qui avaient voté pour lui. Pour le dernier verre, allongé par terre au milieu
de ses vomissures, il brédouilla à Raymond le patron :
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- Un kir bin rouche abec beaucoup de cassis.
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Mais malheureusement, dans l'état qu'il était le pauvre maire, il fut incapable de boire son verre qui tomba par terre et se brisa.
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-C'est pas grave dit Raymond, on va lui mettre un entonnoir dans la bouche. Et c'est comme ça que le nouveau maire but son deux-centième verre, suite à quoi quelques électeurs
le relevérent tant bien que mal dans l'attente du discours d'intronisation. L'heureux élu , incapable de parler, sortit de la poche de sa veste un papier chiffoné sur lequel un électeur
lût à l'assemblée :
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- Maire de Rien, merde à tous !
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Par monsieur Paul
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Publié dans : Monsieur Paul
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Vendredi 8 février 2008
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16:56
Depuis un an, la SLC (Société de Location de Costumes), basée à Nanterre, propose des locations de peau humaine à des tarifs forts compétitifs.
Ainsi, vous pourrez pour 24 heures maximum - il existe un danger au-delà de ce temps de rester coller à cette nouvelle peau - revétir la peau d'un policier, d'une femme au foyer, d'un président
de la République ou encore d'un garçon de café et ressentir toutes les sensations qui accompagnent le port d'une nouvelle enveloppe sociale. En exclusivité pour www.garcondecafe.com nous avons
rencontré André J. Jacaub, 68 ans, qui a tenté l'expérience pour se sentir un autre.
- Alors, Monsieur André J. Jacaub, comment vous sentez-vous après cette expérience ?
- Pas très bien, j'ai mal au cul...
- Enfin, précisez, racontez-nous, revétir la peau de quelqu'un d'autre ! ça doit secouer les entrailles !
- En effet, j'en suis encore malade. J'avais endossé la peau d'un garçon de café alcoolique et depuis j'arrive plus à arrêter de boire.
- Les effets secondaires, peut-être...
- Ouais, c'est ce que m'a dit la SLC. Alors, j'ai recommencé l'expérience et j'ai enfilé la peau d'une prostituée albanaise et bien que l'expérience soit fini depuis une semaine des types
m'appellent pour des passes. Rendez-vous compte, à mon âge ! A 68 ans ! Un mac serbo-croate est venu chez moi et m'a menacé de me tuer si je retourne pas sur le périph faire la putain. Je lui ai
dis "mais enfin je m'appelle André J. Jacaub, qu'est-ce que c'est que ce bordel !". Le yougo, il a dit "T'as pris la peau de la pute, tu la remplaces, et apportes-moi un café". Ce con, il
me prenait aussi pour un garçon de café. Garçon de café et pute, les deux à la fois !
- Et, qu'est-ce que vous avez fait, alors, Monsieur André J.Jacaub ?
- A mon âge, on évite les problèmes, n'est-ce pas, j'ai obéi. Je travaille porte de la Chapelle, tous les soirs et le week-end je bosse dans un restaurant portugais. Avec ce que me laisse
Iovanovic, mon mac, je me suis acheté une télé écran plan. Oh, vous savez, je me plains pas, il me protége bien, c'est comme un manteau...
Par monsieur Paul
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Lundi 21 janvier 2008
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00:28
Ce garçon de café souffrait. Soit. Mais il souffrait d'une manière particulièrement désagréable pour la clientéle
en rampant du comptoir jusqu'à la table du client pour apporter la boisson commandée, des plats n'en parlons pas, il en foutait la moitié par terre. Les clients en avaient marre de voir ce
spectacle éprouvant pour des personnes qui rampaient du matin jusqu'au soir, de leur maison à leur bureau, de leur femme à leur phantasme, de la vie à la mort. Un matin, une femme, n'en pouvant
plus de voir un être humain dans une telle posture, lui dit :
- Enfin, que diable ! Relevez-vous !
- Mais, madame répondit le garçon, c'est que je bande terriblement !
Par monsieur Paul
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Samedi 10 novembre 2007
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00:37
Un client n'a jamais été roi, c'est une incongruité de dire cela, pour la simple raison qu'aucun roi n'a jamais été client mais patron si, et
même d'un royaume. Même que l'un d'entre eux, Louis le Pieux, dit un jour :
- Mon royaume pour un cheval !
Comme il n'y avait pas de cheval dans les parages, on lui apporta un garçon de café qui passait par la forêt au même moment. Le roi l'enfourcha.
- En avant lui dit-il. Le garçon de café obéit, comme il se doit, et le transporta à travers monts et merveilles pour le déposer en fin de compte, gare de Lyon, à la
brasserie de l'Européen où le roi mangea une moule frite accompagné d'un verre de sauvignon.
- Le client est roi dit-il en rotant. Le garçon de café approuva d'un mouvement de tête, que pouvait-il faire d'autre ? Ce client n'était-il pas un vrai roi et lui, un vrai con
?
Par monsieur Paul
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Dimanche 30 septembre 2007
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00:08
Le type, assis depuis plus d'une heure devant une tasse de café qu'il n'avait pas touché, se leva et d'un geste sûr lança au milieu de la
salle un sac, normalement utilisé pour le transport de patates, rempli d'additions de café et de restaurants qu'il n'avait jamais réglé.
Les quelques clients, appelés également des "habitués", recroquevillés sur eux-mêmes avec un penchant certain pour l'ennui et un faible pour l'absence totale
d'imagination, en transit dans ce café, tous les jours de la semaine excepté le samedi, le dimanche, les jours fériés, les vacances, les congés maladies et puis bien sûr le jour de la mort -
cette grande salope qui empêche les gens de continuer à travailler - pour prendre leur petit déjeuner et en attente de déplier leur médiocrité dans de confortables bureaux, n'osérent lever le
regard de leur table de peur peut-être de prendre un sac dans la gueule. Quand ils entendirent la porte du café se refermer derrière l'homme au sac qui partit sans payer sa consommation, ils
poussérent un soupir de soulagement et, au moins pour l'un d'entre eux, un Directeur des Ressources Humaines, un pet étouffé entre les deux fesses poilues de la personne concernée pour éviter
d'attirer l'attention des autres consommateurs. Cette même personne, le DRH, maintenant sûr que son vent rectal n'avait pas éveillé d'éventuels soupçons de la part de ses voisins de table, se
leva de sa chaise et, en empoignant sa sacoche de travail, s'addressa à sa collégue de bureau avec qui il prenait réguliérement un café en rêvant de la culbuter dans le parking de la société -son
imagination s'arrêtait là, au sous-sol - et lui dit :
- Cet homme est un célèbre resquilleur.
Elle pensa "Tiens, un skieur a cette heure-ci, c'est rare". Elle jeta un regard discret sur la braguette protubérante du DRH en rêvant de se faire sauter sur le toit de l'immeuble de la
compagnie. Leur timidité était un obstacle et le niveau de leur phantasme aussi.
Par monsieur Paul
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Publié dans : Monsieur Raoul
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