Suite aux décisions prises à l'unanimité lors du XXéme congrés du CNGC (Congrés national des garçons de café), il a été donné l'ordre de défilé, avec un drapeau américain, à tous les garçons de café français pour honorer la mémoire de Guy Georges, garçon de café mort pour rien. Rappelons-nous ! Ce pauvre con, fusillé par les nazis à la veille de la libération de Paris en 1944, était-il un héros national ? Un combattant de la liberté ? Et bien, non. Tout le contraire, une serpillére , un trou du cul, un lâche, un veau comme tous les autres français. Mais, qu'importe... Souvenons-nous ! Ce garçon de café fût abattu à la place d'un autre, Georges Guy, coordonnier de profession et enculeur de nazis, dans tous les sens du terme, mais également membre du groupe RER (ruade et résistance) qui sema le désordre au sein des lignes ennemis mais pas seulement. Guy Georges, et non pas Georges Guy, le coordonnier bicéphale, incarne, à travers sa médiocrité existentielle et la malchance qui lui voulût d'être fusillé à la place de son homonyme, le serveur qui sommeille en nous comme Lacan, à moins que ce soit Freud ou un autre, le dit si bien dans un livre dont j'ai oublié le titre. Enfant abandonné à la naissance et laissé pour mort dans un caniveau, un jour de pluie, sa vie s'écoula sur un flot d'immondices d'une mort presque certaine à une mort qui s'avéra, en ce jour fatidique du 12 août 1944, certaine. Et définitive. Sa biographie, sans intérêt, nous apprend qu'il n'a jamais été photographié, si si, et qu'il devint commis de salle à l'âge de 16 ans au Lion de Belfort à Courbevoie. Au moment de devenir garçon de café confirmé, deux ans plus tard, sa carriére fût interrompu par une salve de fusils allemands qui lui déchiqueta les entrailles. N'oublions jamais Georges Guy et la qualité de sa prestation, fusillé avec un plateau rempli de boissons et qui ne tomba à terre, dans un fracas de verres cassés, que bien après la mort du serveur. Bizarre, non ?