LA SCENE DE CAFE
Les douze garçons de café de "Chez Dieu", à Brive la Gaillarde, se retouvérent un après-midi, pieds et mains liés, dans un fourgon cellulaire. La surprise illuminait leur visage imbécile. Faut dire qu'ils étaient pas fiers de se voir enchainés, certains pleuraient en agitant leurs chaines. Le matin même, la police secrête reçut une lettre signée d'un mystérieux Joudat signalant les différents trafics de cette bande surnommée les douze potes avec à leur tête un portugais, barman de "Chez Dieu", du nom de Jésus Da Silva par ailleurs chef d'une mafia ayant pignon sur rue quant aux attributions des postes tant convoités de responsables poubelles des quartiers chic de Brive.
- En vérité, je vous le dis... dit Jésus Da Silva.
- Ta gueule l'interrompit Pierre Clind, un chef de rang, tu nous a foutu dans la merde.
- C'est vrai, Jésus, on est bien avancé maintenant ajouta David Koheine, un limonadier, en pleurnichant.
Le fourgon cellulaire s'arrêta en haut d'une colline, à la sortie de Brive, et les romains firent sortir les garçons de café du camion en leur donnant des coups de pied au cul. Les douze potes furent pendus à des poteaux télégraphiques et, manquant de corde, le dénommé Jésus fût gracié. Comme quoi il y a une justice sur terre. Pleurant de joie et baisant le cul d'un de ses bourreaux, il demanda de rejoindre illico presto le rang des légionnaires. Sa demande fût acceptée.
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